Essaimages d'abeilles
Mat, mat, Maat ! Tam, tam, tam ! Atman !
Voici, mère, de la mélisse, émanation
d'Hypnos dans le panier, rucher hirsute
en fleurs. Tout est créé pour toi, abeille
et le ciel, et la demeure
entrebâillée comme une bouche affamée,
cône du désir – foyer...
Tourne donc, essaim d'esprit, tourbillon
toi qui es au ciel, sois sur la terre
ondulations frétillantes, rayons, alvéoles
cadre – mémoire de sous-sol plus un étage je donne le tout
pour ton "bourdonnement latin"
pour ton inestimable sécrétion
mot mielleux, aphrodisiaque
je te donne le nectar qui s'égoutte du ciel
semblable à un séraphin et l'âme douce de quelqu'un
en guise de dot
et je t'offre une étincelle d'éternité
"nue comme un cou de poulet"
pour que tu te recueilles, aimée
que tu te hisses au sommet
de l'arbre dans mon nid rafraîchi par l'éther
des extraits d'huile
et des plantes mellifères
je t'offre des jeux énigmatiques, des charades et des rébus
pour remplir les vides, bouger les parois
féconder de sens les cellules – les innombrables cavités de cire
semblables à des morilles miniatures
pour un peu d'euphorbe et de pollen
pour du propolis et de la gelée transparente,
collante et visqueuse de l'ambre,
de l'ambroisie et du jaspe jaune
pour ton huile balsamique d'immortalité
pour ton doux glacis de jeunesse
pour le drame de la création
pour la résine de l'enfance - le sirop renversé
ou alors, si tu préfères que je dise sans tergiverser : pour le
miel, le miellat !
Puis descends vers le bas, plus bas
dans l'arrière monde, et bourdonne frénétiquement,
monstrueusement
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